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"La patrimonialisation de l'industrie : du paternalisme industriel à la reconnaissance mondiale", par Edith Fagnoni

Edith Fagnoni, maitre de conférences HDR en géographie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chercheuse au laboratoire EIREST, intervient dans le cadre du séminaire du Cemotev au sujet de la patrimonialisation de l'industrie.

le 17 janvier 2013

jeudi 17 janvier de 10h à 12h
Pour son intervention dans le cadre du séminaire du Cemotev intitulée "La patrimonialisation de l’industrie : du paternalisme industriel à la reconnaissance mondiale", Edith Fagnoni s'appuie sur le chapitre "Le patrimoine industriel : la construction récente d’un champ d’études", extrait de son HDR soutenue en 2011.
Elle fait également référence à l'introduction de l'ouvrage de Nathalie Heinich, La fabrique du patrimoine (2009) et à l'article de Bernard Billaudot, "Le territoire et son patrimoine" (paru dans la revue Géographie, économie, société en 2005).


[style2;Références bibliographiques :]
 Edith Fagnoni, Culture et tourisme : un jeu de construction de territoires entre patrimoine et création, Habilitation à diriger des recherches en géographie (HDR) sous la direction de Maria Gravari-Barbas, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2011, 261 p.
Nathalie Heinich, La fabrique du patrimoine : de la cathédrale à la petite cuillère, Paris, Maison des Sciences de l'Homme, coll. Ethnologie de la France, 2009, 286 p.
Résumé : Par quelles opérations un édifice ou un objet se trouve-t-il intégré au corpus du patrimoine ? Quelles sont les étapes de la "chaîne patrimoniale", depuis le premier regard jusqu'à l'éventuelle obtention du statut juri­dique de "monument historique" ? Quels sont les critères mis en oeuvre par les chercheurs de l'Inventaire pour décider que tel château, telle ferme, tel tableau d'église possède ou non une valeur patrimoniale ? Quelles émotions animent les mobilisations des profanes en faveur des biens à préserver ? Et finalement, sur quelles valeurs fondamentales repose la notion même de patrimoine ? Telles sont les questions auxquelles répond ce livre, à partir d'enquêtes au plus près du terrain. Car c'est dans le détail des procédures, des propos enregistrés, des scènes et des gestes observés que l'on peut réellement comprendre comment c'est-à-dire pourquoi - les limites du patrimoine n'ont cessé, en une génération, de s'étendre, englobant désormais non seulement la "cathédrale" mais aussi la "petite cuillère" - selon les mots d'André Chastel définissant le service de l'Inventaire, voire, tout récemment, la borne Michelin. Appliquant à la question patrimo­niale les méthodes de la sociologie pragmatique, cette étude s'inscrit dans la perspective d'une sociologie des valeurs, tentant d'élucider ce qu'on entend aujourd'hui dans notre société par l'ancienneté, l'authenticité, la singularité ou la beauté - et ce qu'on en attend.
Bernard Billaudot, "Le territoire et son patrimoine", Géographie, économie, société 1/2005 (vol. 7), pp. 83-107. En ligne sur le portail Cairn : www.cairn.info/revue-geographie-economie-societe-2005-1-page-83.htm. DOI : 10.3166/ges.7.83-107.
Résumé : La démarche normale de l’économiste consiste à partir de l’échange. On ne peut alors appréhender le territoire que si on prend en compte les failles du marché. On le conçoit uniquement comme un espace local dans lequel s’opèrent des externalités — des interactions qui ne passent pas par le marché et qui affectent cependant les utilités. Pour tout le reste, l’économiste doit s’en remettre à la science politique, en prenant le territoire comme un espace construit par des institutions politiques, à commencer par le national. Cet article se propose de dépasser ce dualisme, de penser le territoire de façon unitaire sans disjonction entre ces deux visions. Cela implique d’abandonner toute délimitation a priori, c’est-à-dire a-historique, d’un objet de la science économique. On définit le territoire moderne comme un espace de constitution d’un patrimoine de ressources publiques. Son fractionnement en un ordre politique et un ordre économique se construit sur cette base. Une partie seulement des activités se déroulant dans cet espace en se nourrissant de ce patrimoine se retrouvent dans ces ordres et il n’y a aucune nécessité que ces derniers soient conjointement présents à quelque niveau spatial que ce soit. Le concept de patrimoine permet d’articuler la proximité géographique et la proximité sociale qui est nécessaire à la coordination des acteurs. La proximité géographique est à l’origine du patrimoine territorial, tandis que la proximité sociale tient à l’accès des acteurs à ce patrimoine qui est commun.